POUR MOI, POUR TOI, POUR EUX
Sem-Mith Noé CHOUNE
Auteur(trice) certifié(e) Asso FLECH
Cher homme,
Je t’écris ces phrases qui sortent de mes entrailles. Elles sont pour Moi, pour Toi, pour Eux…
C’est une incompréhension tourmentante et choquante d’observer à ce jour des violences gratuites dirigées, factuellement et majoritairement, contre les femmes. Les ténébreuses passions de la personne humaine continuent de piétiner sa raison, d’effacer sa conscience, d’enterrer sa tendresse. Comme quoi le processus de pacification des mœurs n’est qu’une utopie. Jusqu'où en arrivera-t-on ?
Ces actes de lâcheté doivent cesser ! On en a marre. Ici, nous nous contenterons de faire un triple appel à la conscience humaine pour inviter à sonner le glas aux violences faites aux femmes, notamment dans la vie conjugale, en invoquant quelques raisons. Le temps de sonner le cor est à nos portes, là où on ne cesse d'assister à des actes ignobles à l'endroit de la gent féminine.
Il est temps d'arrêter ! Oui, il est grand temps d'arrêter.
Parler de la conscience humaine est ici synonyme d'un appel collectif face à ce marasme dans lequel beaucoup plus d'un ne cessent de plonger. C'est le moment de parler en toute franchise.
Dorénavant, en tant qu'homme, tu dois souligner ceci : en tant que partenaire, je ne suis pas un sac de boxe. Arrête ! Pour moi (femme), c’est reconnaître que je ne suis pas un être subalterne ni un objet que tu peux utiliser comme bon te semble. Me violenter au nom de ta domination, c’est offenser l’humanité. C'est aussi remettre en cause la notion de bienveillance envers l'autre, des deux côtés. Si je te parle de bienveillance, cela n’implique pas que je sois faible. Arrête ! Pour moi, c’est considérer que je suis une pièce essentielle de la civilisation humaine. Je suis une sorte d'atmosphère, car je suis source de vie. Arrête donc de jouer aux rayons UV.
Le plus grand signe de respect que tu peux témoigner envers moi, c’est ton comportement pacificateur.
La charge de travail domestique que tu me laisses est une violence symbolique, une discrimination sexuelle et le plafond de verre qui sont des violences systémiques. Arrête! Pour moi (femme), c’est reconnaître ma valeur sociale, c’est ne pas piétiner ma dignité humaine au nom de ton patriarcat.
Pour toi, il est également essentiel d'arrêter, car tu t’animalises par la violence en souillant ton âme et ton esprit. Par la violence, tu te montres faible; ne pense pas surtout que tu es fort. Tu es là pour soutenir, pas pour détruire. Tu es là pour aider, pas pour maltraiter. Tu es là pour coopérer, pas pour donner des coups de poing. Soigne-moi comme je te soigne. Imagine une seconde si j’agissais comme toi en cherchant à te piétiner, toutes les particules de ta vie seraient empoisonnées. Tu es là pour complimenter, pas pour injurier. Tu es là pour apporter du bonheur et pas pour être un trompeur. Arrêtez ! Pour toi, c’est t'humaniser, te responsabiliser et prendre acte des pressions subies par les femmes. C'est aussi dire que ton échec existentiel se mesure par la non-réalisation du vrai boulot de ton partenaire.
Cette société ayant beaucoup investi en toi, notamment par l'instruction, attend que tu penses autrement. Tes frères attendent de toi une nouvelle vision des choses : que les femmes ne doivent plus être considérées comme l'arrière-cour. Sache-le donc maintenant : tu es un être socialement responsable. Par tes actes de violence, tu gifles la société. Tu bafoues le contrat social.
Nous avons abandonné l'état de nature pour devenir une société civilisée. La violence est un malheureux souvenir que tu ressuscites, ô combien tu es irresponsable ! Pense-y, c’est un traumatisme aux répercussions sociales terribles que tu laisses en frappant ta conjointe. Quelle société voudrais-tu en battant ta femme devant tes enfants ?
Sans te rendre compte, tu crées un cercle vicieux de la violence. Arrête! Pour eux (tes frères), cela signifie ipso facto d'arrêter de saigner la société. De renverser le vase contenant moult discriminations à l'égard des femmes.
Il faut arrêter pour moi, c’est également un geste héroïque pour toi, in fine un précieux cadeau pour eux.
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